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Cet arbre est aussi appelé séquoia de Californie ou séquoia toujours vert. Ces deux appellations ont le défaut d'entretenir une certaine confusion entre les deux types de séquoias, à savoir celui-ci et le séquoia géant. En effet, tous deux nous viennent de Californie, et tous deux sont "toujours verts". Le nom de séquoia à feuilles d'if semble une bonne alternative mais son usage est encore peu répandu. Les américains nomment cette espèce "Coast redwood", par opposition au "Sierra big tree". Pour éviter tout malentendu j'utiliserai donc ce terme de "redwood". Ces arbres sont parfois aussi appelés "pins rouges", mais ce ne sont pas des pins. Les redwoods vivent le long du Pacifique, cantonnés aujourd'hui dans les premières vallées de la chaîne côtière, en Californie du Nord et en Oregon. On a pu estimer la surface des forêts de redwoods à plus de 800.000 hectares, avant que ne commence la surexploitation et l'abattage massif de l'espèce, qui faillirent lui être fatals. L'arbre a été répertorié
sous le nom de séquoia sempervirens par S. Endlicher en 1847, en
mémoire de Sequoyah, un indien Cherokee inventeur de l’alphabet
Cherokee dans les années 1820, et disparu au Mexique en 1843. L'alphabet cherokee permit à
cette nation indienne de disposer d'un moyen de résistance culturelle
et juridique face à la pression des blancs.
Les premiers Européens qui rencontrèrent des séquoias furent, peut-être le corsaire Francis Drake et son équipage qui séjournèrent au nord de San Francisco vers 1579, et plus sûrement les expéditions espagnoles qui explorèrent les côtes californiennes aux XVIIème et XVIIIème siècles, et ce dès 1602. La première observation scientifique de l'arbre nous a été fournie par le botaniste tchèque Tadeas Haenke qui faisait partie de l'expédition Malespina de 1791. Haenke le baptisa cyprès rouge. Haenke et ses collègues collectèrent de nombreuses graines et autres traces de leurs trouvailles botaniques. Une partie de ces collections fût ramenée en Espagne à partir de 1795. Ces graines pourraient être à l'origine des plus vieux séquoias semperivens européens. Je poursuis actuellement des recherches qui permettrait de confimer ou d'infirmer cette hypothèse. A ce jour, je n'ai jamais pu trouver de preuves, mais il n'est pas exclus de penser que des redwoods aient pu être plantés en Espagne dès les années 1820... Une énigme à résoudre, car certains textes permettent le doute. Bien que partiellement protégé aujourd'hui, le redwood est toujours une espèce en danger. Il est pourtant unique au monde (c'est l'arbre le plus grand du monde en hauteur). C'est pourquoi je lui dédie une page entière, malgré le fait qu'à Tervuren l'implantation de ces séquoias sempervirens ne soit pas vraiment une réussite. Voir des redwoods en Belgique est plutôt rare et l'Arboretum nous permet de saisir cette chance. Mieux encore, il abrite le "champion de Belgique" avec ses 3m66 de circonférence! Les ancêtres des séquoias poussaient déjà au temps des dinosaures. Isolées des autres populations par les glaciations, quelques forêts de redwoods survécurent en Californie dans des conditions climatiques très particulières. Cette région au coeur du "fog belt" (la ceinture de brouillard), a reçu le surnom évocateur de "Lost and Found" Coast. Ici le brouillard est tenace et quasi quotidien. L'humidité est permanente, les températures y sont très douces et les précipitations abondantes. Le redwood s'accommode à merveille de ce climat. Ses racines sont superficielles et ne peuvent aller chercher l'eau profondément. Elles recueillent au contraire l'humidité du sol en surface sur des dizaines de mètres carrés. De même, ses aiguilles captent les gouttelettes du brouillard ambiant, et l'eau récoltée ruisselle le long du tronc jusqu'aux racines. Cette disposition est à l'origine des points faibles du redwood. Tout d'abord les racines peu profondes, conjuguées à la hauteur extraordinaire de l'arbre, le rendent sensible aux coups de vent (et à l'érosion des sols). L'arbre est aussi très fragile face au gel. C'est la cause principale de son succès mitigé dans l'Arboretum de Tervuren, et en Belgique en général. A Tervuren Les redwoods de Tervuren sont tout logiquement visibles dans les groupes 6a (Californie du Nord) et 5 (Oregon), ses terres d'origine. Il ne persiste qu'un exemplaire de la première plantation. Le champion de Belgique déjà cité, dont vous voyez quelques photos ci-joint, pousse au coeur du groupe 6a. On peut l'apercevoir depuis la Kapucijnendreef. Son écorce plus rouge permet de le distinguer des Douglas et Tsugas environnants. Le groupe 6a rassemble par ailleurs quelques-uns des plus hauts arbres de l'arboretum. Un second spécimen, un peu mal en point mais plus facile à observer, se trouve à l'extérieur d'un virage de la Promenade Royale, au pied du groupe 5 (dominé par de vigoureux sapins et Douglas). De jeunes exemplaires ont été plantés en 1974 et 75 dans le groupe 6a, de même que de l'autre côté de la Promenade Royale, tout près du carrefour avec la "Kapucijnendreef". Vous remarquerez le contraste entre le vert vif du feuillage et la teinte orangée de l'écorce fibreuse. Plusieurs de ces arbres sont tombés lors des tempêtes de 2007 et 2008. Les cônes du séquoia sempervirens sont petits (1,5 à 2,5cm). L'arbre le plus grand du monde
Ces chiffres datent de septembre 2006, et peuvent bien sûr encore évoluer! Question volume et masse, le plus grand redwood est le "Del Norte Titan" découvert en 1998: il totaliserait 1044 m3... Le redwood aujourd'hui Les incendies de forêt de ces dernières années, l'urbanisation galopante, la politique du gouvernement fédéral, ou l'apparition de parasites du type "sudden oak death", sont autant d'aléas qui pèsent sur notre arbre géant, décidément au coeur de bien des débats. Le séquoia sempervirens
possède aussi un atout naturel non négligeable "en
rejetant de souche". Cela signifie que de jeunes redwoods repoussent
à partir de souches, de racines, ou de troncs d'arbres abattus.
Un phénomène rare chez les conifères, et rassurant
pour son avenir.
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